Vendredi 24 octobre, l’AHQR a été informée par un mail de la mairie, qu’à partir du 3 novembre des travaux sont planifiés rue Boileau pour « une rue plus sûre et plus agréable ».
Depuis plus de 2 ans, notre association de quartier plaide pour le rétablissement de la zone de rencontre, supprimée sans information préalable par la municipalité. Malgré un coût exorbitant (90 200 €), les travaux annoncés ne sont qu’une réponse très partielle au besoin de circulation apaisée et en sécurité de tous les usagers, tout en aggravant les risques.
Suppression de la zone de rencontre et pas de dialogue
Depuis plusieurs années la totalité de la rue Boileau avait un statut de « Zone de rencontre », donnant la priorité aux piétons, avec une limitation de vitesse à 20 km/h (cf notre précédent article « Piétons, les oubliés de la rue Boileau »).
Après que les panneaux de signalisation correspondants aient été enlevés en catimini aux 2 extrémités de la rue Boileau, la décision de supprimer la zone de rencontre nous avait été annoncée par le représentant de la mairie (décision unilatérale, sans explication ni concertation), lors du Conseil Consultatif de Quartier (CCQ) du 13 avril 2023.
Du 28 avril au 15 mai 2023, l’AHQR avait alors réalisé un sondage auprès des habitants du quartier qui se sont prononcés à 91% pour le maintien de cette zone de rencontre.
A la suite de quoi notre association a informé le Maire de l’attente des habitants du quartier, clairement exprimée dans ce sondage. Un premier courrier a été envoyé le 6 juin 2023, puis pour rappel un deuxième par recommandé avec accusé de réception, le 2 novembre 2023. Ces courriers sont restés sans réponse.
Le dernier CCQ du 8 avril dernier, dont nous n’avons toujours pas reçu le compte-rendu corrigé, fait état de notre demande récurrente.
Une rue dédiée aux automobilistes
Pour des usagers à pied et plus encore avec enfants, poussette ou en fauteuil roulant, les écoliers, cela relève de l’exploit de se déplacer rue Boileau autrement que sur la chaussée. Les trottoirs ne sont pas utilisables car trop étroits et non entretenus depuis très longtemps. Sans le statut de zone de rencontre, la configuration de la rue n'est pas adaptée aux conditions de circulation et de trafic actuelles. De plus, la vitesse de certains véhicules est excessive (au-delà de la limitation).
Les travaux prévus par la mairie : création de chicanes paysagères avec des arbres, délimitation de stationnements,
réalisation de marquages au sol et installation d'une signalisation concernent la circulation automobile sans répondre aux vrais besoins de déplacement pour tous, souhaités par les habitants dans notre dernier sondage (cf. article « Pour un quartier bien entretenu et convivial »).
Il semble illusoire de se contenter d'ajouter de telles chicanes pour assurer sécurité et apaisement au niveau de la circulation, alors que l’espace de voirie disponible est déjà restreint. Cela risquerait surtout de provoquer l’effet inverse : les piétons obligés de contourner les chicanes avec des arbres, faute de trottoirs praticables, seront plus que jamais à risque sur la chaussée face aux automobilistes, qui auront de leur côté, une visibilité réduite.
Aussi, l’AHQR une fois de plus réitère sa demande de retour à la « Zone de Rencontre » rue Boileau à minima.
Des solutions pour tous les usagers
Comme indiqué précédemment la cohabitation des usagers de la route se trouve facilitée si tous les besoins ont été pensés en amont. Ainsi, pour des mobilités douces, il existe diverses solutions à mettre en œuvre, proposées par l’AHQR et des habitants du quartier, avec pour objectif d'apporter confort et sécurité pour tous.
Une première proposition correspond à la réactivation de la zone de rencontre à 20 km/h (réimplantation des panneaux de signalisation à chaque extrémité de la zone et marquage au sol à
rafraîchir et entretenir).
Dans une zone de rencontre l’espace est partagé entre tous les usagers, avec priorité aux piétons. Elle permet de laisser de l’espace disponible pour la circulation des piétons et des
cyclistes. Quelques chicanes basses et en nombre limité, combinées à des emplacements de stationnement matérialisés contribuent à limiter la vitesse.
Deux autres propositions, qui reconsidèrent la configuration de la rue dans sa globalité, impliquent des travaux plus conséquents.
L’une consisterait dans la réfection de la voirie avec une chaussée occupant toute la largeur disponible, caniveau central, suppression des trottoirs, zone de rencontre partagée impliquant une limitation à 20km/h pour les véhicules, stationnements matérialisés et quelques chicanes.
L’autre pourrait être la réfection de la voirie avec un vrai trottoir piéton de largeur 1m40 matérialisé sur un seul côté, quelques places de stationnement de l’autre côté de la chaussée selon la largeur disponible, un sens unique pour les véhicules motorisés (sens inverse de la rue Lamartine) car l'espace restant est plus restreint, un double sens cyclable, un caniveau central.
Ces propositions concrètes et constructives de la part de l’AHQR seraient à soumettre aux habitants du quartier pour assurer une réelle concertation avec eux. La conception définitive serait ensuite laissée aux soins d’experts.
Les travaux d’investissement projetés en l’état hypothèquent l’avenir et mériteraient d’être repensés pour répondre
véritablement aux besoins de tous les usagers. Dans le futur, au niveau des aménagements, difficile de relancer des
travaux pour supprimer des installations en dur, et au niveau financier, ce sont tous les habitants de la commune qui devront contribuer à travers leurs impôts à un projet inapproprié.
